Des professionnels expérimentés et déjà utilisateurs
219 professionnels français ont répondu entre juin 2025 et janvier 2026. Le panel penche vers l'expérience : 70 % ont 45 ans ou plus. Les grandes entreprises et les très petites structures y sont bien représentées, et l'usage de l'IA est déjà installé : 43 % l'utilisent tous les jours.
Âge
- 20 à 34 ans14 %
- 35 à 44 ans18 %
- 45 à 54 ans38 %
- 55 ans et plus29 %
Taille de l'entreprise
- 1 000 et plus38 %
- Moins de 1030 %
- 10 à 24921 %
- 250 à 99910 %
Secteurs les plus représentés
Usages de l'IA générative
Paradoxe 1 : les experts de l'IA partagent davantage

L'IA générative a la réputation d'isoler : chacun son prompt, ses raccourcis, sa méthode. Les réponses de 2025 décrivent des utilisateurs avancés tournés vers leurs collègues. Plus un professionnel maîtrise le prompting, plus il aide ses collègues spontanément et prend des initiatives au-delà de son poste.
Lien entre compétence en prompting et comportements
Corrélations de Pearson, échelle de 0 à 0,6.
Parmi les 25 % les plus compétents en prompting
33 très entraidants10 individualistes
Parmi les répondants les plus à l'aise avec le prompting, les profils très entraidants sont 3,3 fois plus nombreux que les profils individualistes. Le champion solitaire existe, il reste minoritaire.
Former à l'IA revient à investir dans le collectif, là où l'organisation le permet.
Paradoxe 2 : les plus prudents sont les plus compétents

Limiter volontairement ce qu'on confie à l'IA passe souvent pour un frein à l'adoption. Dans les réponses, ce sont les utilisateurs les plus avancés qui le font. La prudence est un marqueur de professionnalisme : ceux qui comprennent les risques maîtrisent aussi le mieux l'outil.
Score moyen de compétence en prompting selon la limitation volontaire des données
Paradoxe 3 : la hiérarchie retient les bénéfices collectifs de l'IA

C'est la découverte majeure de l'étude, et elle est statistiquement significative. Dans les environnements perçus comme peu hiérarchiques, la compétence en prompting va de pair avec l'entraide. Dans les plus hiérarchiques, ce lien devient faible et non significatif.
Choisissez un niveau de hiérarchie
0,52lien fort entre prompting et entraide
| Contexte | Corrélation | Significativité | Lecture |
|---|---|---|---|
| Peu hiérarchique | r = 0,52 | p < 0,001 | La compétence crée du collectif |
| Moyennement hiérarchique | r = 0,26 | p = 0,03 | Effet présent mais atténué |
| Très hiérarchique | r = 0,14 | non significatif | Les gains restent individuels |
Concrètement, former sans faire évoluer la culture garde les gains au niveau individuel. Les compétences acquises se diffusent peu, et les champions de l'IA restent isolés : ils deviennent des points de fragilité pour toute l'équipe.
L'IA révèle la culture d'une organisation. Elle amplifie ce que celle-ci permet déjà.
Ce qui fait utiliser l'IA au quotidien
Nous avons modélisé les facteurs qui expliquent la fréquence d'usage. La compétence en prompting pèse trois fois plus que le soutien de l'organisation. La prudence sur les données joue en sens inverse, sans effacer le lien entre prudence et compétence vu plus haut.
Poids de chaque facteur dans la fréquence d'usage
Le levier le plus rapide : des formations courtes au prompting, orientées métier, avec des cas d'usage concrets et une mesure avant et après. C'est là que les données placent l'effet le plus fort, à condition de travailler en parallèle les conditions de l'organisation.
Le shadow IA naît d'un vide de cadre

Le shadow IA, ces usages non encadrés avec des outils personnels ou des données sensibles, est le symptôme d'un vide d'organisation. Quand l'entreprise ne fixe ni outils autorisés, ni règles sur les données, ni responsabilités, les collaborateurs s'adaptent. Ils prennent des risques, souvent sans le savoir.
8,2 % de profils « shadow IA potentiel »
Usage fréquent, faible confiance dans l'organisation et peu de moyens fournis. Une case pour 1 % des répondants.
Moyens fournis et confiance
0,37
Corrélation entre les moyens fournis par le manager pour utiliser les nouvelles technologies et la confiance dans la gestion des risques liés à l'IA.
La bonne nouvelle : quand l'organisation investit visiblement, en outils, en formations et en règles, la confiance suit. Le shadow IA se traite par l'équipement des équipes.
Ce que l'étude nous apprend
L'IA est un amplificateur
Une culture collaborative accélère le partage. Une culture hiérarchique crée des silos d'expertise.
Le prompting est un levier
C'est le meilleur prédicteur de l'usage et des comportements collectifs. Former au prompting revient à investir dans l'équipe.
La prudence est une force
Les profils les plus vigilants sur la confidentialité sont aussi les plus compétents. Gouvernance et performance vont ensemble.
Le management doit évoluer
Sans nouveaux rituels de partage ni reconnaissance de l'entraide, les gains de l'IA restent individuels et fragiles.
La méthode
L'étude a été menée auprès de 219 professionnels français entre juin 2025 et janvier 2026, par Jessy Martin, alors avec Pando Studio, et le Worklab, cabinet nantais de conseil et de formation en travail collaboratif, avec Sacha Lopez, associé et facilitateur. Le questionnaire couvrait quatre dimensions, chacune mesurée sur une échelle de 1 à 7 :
| Dimension | Items |
|---|---|
| Compétence en prompting | 4 |
| Comportements citoyens au travail (entraide, initiative, défense de l'organisation, respect des règles, persévérance) | 5 |
| Hiérarchie perçue et soutien de l'organisation | 8 |
| Attitudes face à la confidentialité | 3 |
Les analyses s'appuient sur des corrélations de Pearson, des tests de modération (comparaison des corrélations par le Z de Fisher) et une régression linéaire multiple. Les corrélations portent sur les 217 répondants qui utilisent l'IA générative au travail.
L'échantillon n'est pas représentatif de la population active : il compte 70 % de 45 ans et plus, 38 % de grandes entreprises et 30 % de très petites structures. Les résultats décrivent des liens entre variables, sans établir de cause. L'édition 2026 reprend les mêmes questions pour suivre leur évolution.
