Ce que la v0.3 ne réglait pas
Dans mon retex de mai, je décrivais un système à 8 dossiers de rôle, 8 skills génériques, et une mémoire vectorielle Qdrant qu'on activait au-delà d'une cinquantaine de contenus publiés par mois. Ça fonctionnait. Mais en le dupliquant pour de nouveaux comptes clients, trois frictions sont revenues sans arrêt.
La première : la doctrine de marque restait un fichier qu'on pouvait consulter, pas une étape qu'on ne pouvait pas sauter. Un skill mal utilisé pouvait produire du contenu correct sans jamais rouvrir 01-brand. La deuxième : le calendrier éditorial vivait dans un simple fichier Markdown, sans statut de validation. Impossible de savoir d'un coup d'œil ce qui était une idée, un brouillon, ou publié. La troisième, la plus lourde : Qdrant demandait une base vectorielle à faire tourner, à monitorer, à débugger, pour un usage que la quasi-totalité de mes comptes n'atteignait jamais.
Aucune de ces frictions n'était bloquante prise seule. Ensemble, elles ralentissaient chaque nouveau déploiement. La v2 s'attaque directement aux trois.
Copilot devient Cockpit
Premier changement, le plus visible : le nom. La commande /start-copilot devient /start-cockpit, le skill copilot-setup devient cockpit-setup. Le dépôt GitHub, lui, ne bouge pas : il reste à github.com/Littlpinguin/marketing-copilot-template.
Le changement n'est pas cosmétique. "Copilot" laissait entendre un pilote automatique, un système qui déciderait à votre place. "Cockpit" décrit mieux ce que c'est réellement : un poste de pilotage. Les instruments sont là, la doctrine de marque est câblée, mais c'est vous qui tenez les commandes. C'est aussi le nom que je retiens pour l'accompagnement payant, Cockpit Marketing IA. Les deux partagent la même philosophie : le template gratuit sous licence MIT est la version que vous pilotez vous-même, l'accompagnement est la version que je pilote avec vous.
Ce qui a été ajouté
La refonte v2.0.0 touche le cœur du système, pas seulement sa façade.
| Dimension | v0.3 | v2.1 (actuelle) |
|---|---|---|
| Skills | 8 génériques | 45 (49 en cours d'intégration) |
| Agents spécialisés | Non applicable | 10 |
| Doctrine de marque | Fichier consultable | Injectée en étape 0 de chaque skill |
| Calendrier éditorial | Markdown simple | Statuts de validation (idée → brouillon → à valider → validé → publié) |
| Modules optionnels | Aucun | 7, activables via /modules |
Les 43 premiers skills de la v2.0 viennent en partie de sources communautaires sous licence MIT ou Apache (claude-seo, ui-ux-pro-max, taste-skill, frontend-design, claude-ads, claude-blog), adaptées au système de dossiers par marque, et en partie de skills déjà éprouvés en production chez moi (diaporamas, carrousels, génération d'images). La v2.1 en ajoute deux de plus (45 au total) avec le portage complet du module n8n : n8n-builder, n8n-audit, n8n-debugger. Une quatrième vague est en cours, non publiée officiellement : quatre skills d'animation web (animation-gsap, animation-animejs, animation-lottie, animation-scroll-reveal) repris depuis le repo tiers claudedesignskills, sous licence MIT. Une fois mergés, le compteur passera à 49.
Les 7 modules optionnels couvrent ce qui dépasse la production de contenu pure : vidéo, automatisations n8n, dashboard de performance, acquisition, veille de marché, publication sociale programmée via Postiz, et un espace client protégé par mot de passe. Chacun s'active à la demande avec /modules, sans alourdir l'installation de base pour ceux qui n'en ont pas besoin.
Le module 06-graphic-design/presentations/ a aussi reçu un catalogue de 52 layouts de slides HTML, avec un mode plein écran et un contrôle qualité Playwright obligatoire avant export PDF. La démo publique du repo utilise désormais une marque fictive complète, "Meridian Conseil" : 52 layouts, 10 landing pages, 10 lead magnets interactifs, un dashboard sur 4 mois. De quoi se faire une idée du rendu avant même d'avoir configuré sa propre marque.
Ce qui a été supprimé
C'est la partie qu'on documente rarement dans un changelog produit, et pourtant c'est souvent la plus révélatrice. La v2.0 retire purement et simplement Qdrant : plus de base vectorielle, plus de pipeline de mémoire sémantique. Les commandes /seed-corpus et /connect-qdrant disparaissent avec lui. La mémoire repose désormais uniquement sur les fichiers de la marque, lus directement.
Retirer une fonctionnalité qu'on présentait comme un axe d'avenir, ce n'est pas un aveu d'échec. Qdrant marchait. Il ne servait juste à presque personne, et chaque connexion en plus est un point de défaillance en plus pour un gain que la majorité des comptes n'atteignait jamais.
Dans mon retex de mai, je situais le seuil utile de Qdrant autour de cinquante contenus publiés par mois. En pratique, aucun des comptes que je gère n'a durablement dépassé ce seuil sur plusieurs mois consécutifs. Le coût de maintenance (surveiller l'indexation, débugger les requêtes vectorielles, expliquer le concept à un client qui n'en a rien à faire) dépassait largement le bénéfice réel. Simplifier ici aligne l'outil sur l'usage réel plutôt que sur l'usage rêvé.
Voir le changelog complet et le code
45 skills, 10 agents, 7 modules optionnels : tout est sur le repo, sous licence MIT.
Ouvrir le repo GitHubCe que ça change si vous dupliquez le template aujourd'hui
Si vous partez de zéro, rien ne change dans la façon de démarrer : vous clonez le repo et vous lancez /start-cockpit à la place de l'ancien /start-copilot. Le wizard consacre toujours l'essentiel de son temps à la découverte de marque, avec en plus un contrôle d'accès explicite sur les connecteurs sensibles avant de les activer.
Si vous étiez déjà sur une version antérieure à la v2, sachez qu'il n'existe pas d'assistant de migration automatique à ce jour. Le CHANGELOG.md documente chaque changement version par version, mais fusionner à la main un dossier 01-brand ancien avec la nouvelle arborescence est plus risqué que ça n'en a l'air. Le plus sûr reste de cloner le repo à jour et d'y réinjecter votre charte de marque existante, plutôt que de merger.
Le repo lui-même n'a pas changé d'adresse ni de licence : toujours gratuit, toujours MIT, toujours à github.com/Littlpinguin/marketing-copilot-template. Pour l'architecture complète du système (modules, skills, connecteurs), la page projet du Cockpit reste la référence à jour.
Conclusion
Une v2, ce n'est jamais qu'une liste de nouvelles fonctionnalités. C'est aussi ce qu'on retire, parce que l'usage réel a démenti l'hypothèse de départ. Qdrant était une bonne idée sur le papier. Le terrain a dit autre chose, et le système a suivi le terrain plutôt que l'inverse.
Le nom change, l'architecture se muscle, mais l'intention de départ reste intacte : un système que vous pilotez, pas un système qui pilote à votre place.